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Lucy-le-Bois est une commune française, située dans le département de l'Yonne et la région Bourgogne.
Le territoire de Lucy-le-Bois,1059 hectares, et dont l'altitude varie de 223 à 346 mètres, est traversé sur 3 kilomètres par le ruisseau du Vau-de-Bouche qui s'appelle le ru du Moulin en amont du finage.(Bouche, autrefois Bouchin, nom vulgaire des bois, donnerait donc Vau ou vallée des Bois).Le terrain sédimentaire ou déposé par les eaux de mer dont le territoire est formé,se trouve distant de 6 kilomètres du massif de granit produit par les anciens volcans. Il se compose entièrement d'argile, de marnes et de calcaires.
A la base des collines, s'étend le Lias supérieur des géologues, qui n'est autre que le calcaire marneux du ciment de Vassy. Ce calcaire qui contient de l'argile propre aux tuileries, des marnes imprégnées de bitume du bois fossile devenu lignite, a été exploité sur plusieurs points à l'est de 1832 à 1882. Il est remarquable par le grand nombre d'animaux fossiles qui s'y trouvent: empreintes de poissons, vertèbres d'icthyosaure (espèce de crocodile), bélemnites, en forme de doigt, ammonites, coquilles enroulées à plat, une quinzaine d'espèces et plusieurs sortes de coquillages (voir collection au musée d'Avallon faite par M. Moreau)
Au-dessus de ces pierres à ciment, vient du calcaire dur parsemé de points brillants dits entroques et qui sont des débris des encrines ou étoiles de mer de ces temps-là. Ce calcaire a eu des carrières près du bourg à l'ouest, et il a fourni des matériaux pour les châteaux de Lucy et de Vassy, pour le clocher de Lucy et jadis pour les murailles d' Avallon. Au sommet de l'assise, la pierre devient feuilletée et donne des laves ou lèves qui servaient autrefois à la couverture. Des bancs disloqués de ce calcaire bordent la route à l'endroit où se ruisseau se perd.
Cet étage entièrement calcaire est surmonté d'une grande épaisseur de marnes et de calcaires marneux contenant une sorte de coquille très abondante en forme de c'ur et qu'on appelle pholadomye. Une partie assez argileuse est connue sous le nom de terre à foulon.Le reste des collines, sur 100 mètres environ d'épaisseur, est formé de couches calcaires dans lesquelles on distingue la carrière blanche et la marbrière. La carrière blanche, à 1200 mètres au nord de Lucy, offre un calcaire assez semblable à celui de Coutarnoux et donne une pierre de taille fort belle mais gélive qui fut exploitée vers 1850 (champs des chemins blancs). Les calcaires à marbre avaient leur carrière au Buisson des Varennes près du chemin du Grand-Vau de Lanet.C'est en 1841 que MM Gabriel et Hélie tentèrent de retirer par le sciage et le polissage une pierre à l'aspect de marbre commun.L'entreprise, réunie à celle de Noyers et de Grimault, eut son centre à Noyers.Elle a fourni quelques cheminées à Avallon et aux environs d'une assez belle teinte rose.On voit au musée d'Avallon des échantillons de ces faux marbres qui n'eurent point d'avenir.
Couronnant cette masse de bancs calcaires grossiers, se présente une pierre à pâte fine dont les couches contiennent des lits de calcaires siliceux appelés silex rubanés. Puis à la surface du sol se rencontrent des pierres roulantes de grès ferrugineux qui sont les témoins de terrains disparus. Les unes sont des mêmes grès qui se trouvent dans la Puisaie et qui font partie de l'étage crétacé, les autres sont des grès de l'époque tertiaire qui sont souvent associés à des rognons de minerai de fer qu'on a utilisés aux forges de Girolles et dans toutes les petites fonderies des environs.
Divers accidents de terrain sont à signaler dans cette colline de la rive droite. Il y a les pierres percées de la forêt Marrault dont on fait les kiosques, des grottes artificielles, des bordures de terrasses d'un effet original.Il y a les trous naturels, espèces d'entonnoirs qui sont nombreux dans le Buisson d'Hervaux : un seul se trouve sur le territoire dans le bois de Lucy. Certains calcaires ont servi à faire de la chaux blanche qu'on employait beaucoup au dix-neuvième siècle; on voyait deux fours sur Thory vers 1860.
La constitution du sol est favorable à la sortie des sources qui se forment au niveau des couches marneuses dont on a parlé.Ce sont:
extrait de Lucy-le-Bois/Thory par M.l'Abbé Tissier et M.l'Abbé Parat - imprimerie Jobard 9 place Darcy à Dijon-1921
La vallée de Lucy étroite et surtout froide par suite du sous-sol argileux et de sa direction nord-ouest n'a pas dû arrêter les peuplades primitives malgré l'abondance de ses eaux. On ne cite jusqu'ici que de rares éclats de silex rappelant l'époque où les hommes, simplement chasseurs, se groupaient auprès des grottes et n'utilisaient que la pierre pour leurs outils. On cite encore une hachette en minéral vert (jadéite'), de 0m95 de longueur, découverte vers la porte Jacot. Elle se rapporte à une époque plus avancée de l'âge de la pierre qui trouve les hommes déjà adonnés à la culture et à l'élevage, quoique fréquentant toujours les grottes.
Elle a laissé des documents à explorer. Ce sont des tumulus (mergers) et des murets assez nombreux sur la côte Nord-Ouest.Il en existait aussi sur la colline qui porte le village, à la côte de Sarone.En 1740, un vieux cadastre appelait ce lieu les Meurgers, leurs débris ont servi à faire les chemins des Nuées et des Ramonats. Il en restait un seul à cent mètres au sud-est de l'église, de 10 mètres de longueur, 8 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur. Une fouille fut faite par l'abbé Tissier, qui la décrit ainsi: à 1 mètre de profondeur on trouvait un lit de pierrailles noircies et des débris d'os de cheval ou de boeuf; à 1m20, on recueillait des fragments de poterie; à 1m30, c'était la caisse funéraire, de la longueur d'un homme, formée de dalles pour le plancher et pour le toit, et d'autres dalles debout fermant l'encaissement, et qui contenait les ossements en mauvais état d'un individu.Ils étaient encore reconnaissables, mais aucun mobilier n'accompagnait la sépulture.Les autres tumulus se trouvent près du Grand-Vallon, au bord du chemin des Ramonats. On voit là un muret de 30 mètres de longueur sur 2 à 3 mètres de hauteur associé à un gros tumulus. A quelque distance de là, un autre muret moins élevé mais long de 60 mètres s'accompagne de quatre tumulus dont un gros. Ces murets qui sillonnent tous les bois des environs, servent d'encadrement aux tumulus dont l'ensemble aujourd'hui diminué formait le cimetière. Les gros murets peuvent être aussi des tumulus collectifs. En 1840, à cet endroit, un tumulus dont on enlevait les pierres pour les chemins, laissa voir quantité d'ossements. On ramassa des objets de bronze qui furent donnés aux enfants.
C'est alors, sans doute de bonne heure, qu'un premier établissement agricole fut fondé dans le vallon de Lucy, qui se trouve peu éloigné de la grande voie romaine d'Agrippa allant d'Avallon à Auxerre par Annéot et Girolles. Le domaine du Gaulois romanisé dans son nom comme pour tout le reste, et qui s'établit dans le Vau-de-Bouche, s'appela Luciacum, qui veut dire domaine de Lucius. C'était la manière, qui est encore commune dans les campagnes, d'appeler la maison nouvelle du nom de son fondateur.(...).Ce dut être au bas de l'église, près des fontaines que Lucius voulut placer sa villa qui fut le commencement de Lucy. On a découvert, en effet, en 1860, dans la rue des Aijoirs, qui monte de l'ancienne porte de l'Est à l'église, des débris romains. Vers le milieu de la rue, dans un jardin, une fouille fit ramener,avec des tuiles courbes, des briques de 0m35 de longueur, 0m25 de largeur et 0m05 d'épaisseur,telles que celles qui dans les villas importantes forment le dallage des chaufferies de bains. On remarquera que c'est là, auprès des fontaines, que se présentent les vestiges de toutes les époques: le tumulus gaulois, la villa romaine, les cercueils mérovingiens. C'était un centre où plus tard passa le vieux chemin et où s'élevèrent l'église et les plus anciennes maisons.Deux autres établissements agricoles sont facilement reconnaissables. Au lieu-dit de la Duire, mot ancien qui signifierait la fée, situé au sud-est du finage, près de la jonction des routes d'Avallon et de Vassy, il existait une villa d'une certaine étendue. Son emplacement est au pied de la côte d'Annay, à 500 mètres du ruisseau et à 100 mètres d'une fontaine. Ces champs autrefois cultivés sont devenus des prés, mais le laboureur dit que sa charrue ramenait quantité de pierres de construction et de grosses tuiles.On peut d'ailleurs ramasser le long des haies, dans les taupinières, des fragments de ces tuiles à rebords. Ces champs tournés vers l'est offrent des vestiges sur 100 mètres de longueur et 50 mètres de largeur.Une villa moins importante est située tout à l'opposé, à la sortie du ruisseau quittant le finage à l'ouest et sur la rive gauche. Ce sont de bonnes terres de vallées, mais exposées aux inondations. Dans un carré de 40 mètres de côté, en partie dans un bois dépendant d'Annay, les débris de tuiles à rebords sont nombreux. Il s'y trouve aussi des débris de poterie et des morceaux de mâchefer, indice d'une petite fonderie. On pourrait appeler cet endroit la villa du Vau-de-Bouche.On peut indiquer ici,(...)un emplacement curieux d'un fourneau de fonderie dans les bois dits du Crot-des-Forges et qui étaient encore indivis au dix-huitième siècle. Sur la route de Lucy à Joux, dans les bois de la Couée à gauche, se voit une grande ligne qui sépare la propriété de ces communes. Une borne marque les causes du partage et de ce point une petite ligne s'enfonce dans le bois et conduit aux Crots historiques à 200 mètres de là. Le premier est une cuvette naturelle contenant de l'eau, de 15 mètres de longueur et de 2 mètres environ de profondeur.Sur le talus, la terre est noire et des scories lourdes s'y reposent; non loin se trouve une petite butte de ferrier. Plus avant dans le bois, il existe quatre autres crots d'une dizaine de mètres de diamètre et de 2 à 3 mètres de profondeur; ces trous, qui gardent l'eau toute l'année, sont bordés de morceaux de mâchefer.Est-ce une petite fonderie de l'époque gauloise ou de l'époque gallo-romaine'Il faudrait des recherches pour se faire une opinion, mais le fait mérite d'être consigné.On sait maintenant que la mer de l'époque tertiaire dite éocène, qui couvrit le Bassin Parisien jusqu'au Morvan, déposa du minerai de fer que l'on retrouve en rognons dans les aubues et qui fut exploité par les Gaulois.
La domination romaine ayant pris fin devant l'invasion des Barbares de Germanie en 406, les plus civilisés, les Burgondes (Bourguignons) et les Francs, vinrent se mêler sans violence aux Gallo-Romains épargnés par les Vandales.C'est donc une population mélangée que l'on trouve dans l'Avallonnais où toutefois domine l'élément gaulois.(...) Cette époque de dépeuplement n'a pas gardé l'art de la construction romaine. Aussi ne trouve-t-on pour la faire reconnaître que des cercueils en pierre appelés sarcophages. Lucy, qui a fourni plusieurs de ces vestiges, n'a donc pas cessé d'être habité. En 1850, dans une vigne près de l'église au bord du chemin des Ramonats, un cercueil contenant des ossements et des armes fut extrait et servit au vigneron jusqu'en 1880.On voyait encore il y a peu de temps les extrémités de cercueils dans le talus du chemin des Ramonats. Enfin, au bas et des deux côtés de la ruelle, cinq ou six cercueils furent retirés au lieu-dit le Cray et un autre dans une vigne de la porte Jacot. Il y aurait donc au sud de l'église, aux alentours de la porte Jacot, un cimetière de l'époque franc-burgonde qui comprendrait surtout des sépultures dans des cercueils de pierre.La première mention historique de Lucy (Luciacus) date de 859 et sa terre appartient alors aux rois de France. Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne, venu à Auxerre cette année-là, fit ouvrir le tombeau de Saint Germain mort en 448 et le fit déposer dans les cryptes de l'abbaye où il se voit encore, mais sans les reliques du saint. C'est à cette occasion que le roi donna au monastère de Saint-Germain des biens considérables dans l'Avallonnais et ailleurs, et Lucy-le-Bois est compris dans la donation. La dépopulation survenue par l'effet des invasions avait enrichi le domaine royal des terres abandonnées et qui furent remises en culture par les monastères.
La position de Lucy-le-Bois, dans un vallon détourné et simple domaine d'une abbaye, ne pouvait lui donner une importance militaire; aussi ne trouve-t-on pas de traces dans l'histoire d'un Lucy fortifié. Cependant le lieu-dit Château-Philon ,au pied de la butte de Traîne-Vin, entre l'enceinte et la route de Vézelay, ferait supposer la présence dans le haut Moyen-Age d'une de ces premières défenses que faisaient construire les invasions des Normands au neuvième siècle. Une défense aurait eu sa raison d'être à cet endroit où passait le plus ancien chemin d'Auxerre à Avallon; et d'ailleurs c'est tout près de là que se trouvait l'hôtel de la seigneurerie royale appelée le vieux château . Comme c'était l'ordinaire en ces temps, un seigneur laïque s'était fait une place à côté des abbés de Saint-Germain. On voit ,en effet,que le sire de Noyers , Mile IX, possède en 1239 l'église, le presbytère et dix-sept maisons qui sont dits de la Bourgogne. C'était, sans doute, par une libéralité du roi qui s'était réservé une partie du domaine de Lucy. Une autre donation alla au duc de Bourgogne, de sorte qu'on trouve en plein Moyen-Age trois seigneureries à Lucy-le-Bois.
les propriétaires forains
On peut avancer que l'instruction à Lucy-le-Bois se répand dans les ouvriers peu après 1500, car on trouve dans les registres de paroisse de 1603 des signatures de villageois mêlées à celles des bourgeois.Mais c'est en 1644 que paraît la mention d'un maître d'école; c'est un Edme Menard qui se dit recteur d'école et qui est membre de la confrérie de la Sainte-Trinité.En 1780, au bas d'un acte de mariage, on trouve vingt-deux signatures ce qui montre que l'instruction était en faveur, contrairement à certains villages. Il y eut même en 1834 une institutrice, et en 1839 arrivèrent deux religieuses qui tinrent une école et soignèrent les malades. En même temps qu'il eut des recteurs d'école, Lucy eut des médecins ou chirurgiens; on voit apparaître le premier en 1655, c'est François Jacob, et d'autres suivirent jusqu'en 1858. On peut noter aussi la présence d'une sage-femme diplomée en 1835. Les s'urs gardes-malades qui n'avaient cessé d'exercer leurs fonctions depuis 1839 durent se retirer en 1901, à la suppression de leur école. De sorte que le village, bien pourvu autrefois de secours sanitaires, se trouve aujourd'hui déshérité; Comme partout, Lucy-le-Bois compta quelques petites usines qui ont disparu. C'était le moulin à vent du Coutas-du-Moulin qui n'a laissé de souvenir que dans le cadastre. Le moulin à eau de Lucy-le-Bois, cité dans le terrier de 1486, se trouvait près du pont, vers le chemin de Thory, et les anciens l'ont vu fonctionner. Plusieurs fermes anciennes ont subi le sort des moulins. On cite, en 1553, les deux fermes de Cheratz et du Mez dont le nom même n'est plus connu; l'une d'elles pourrait être la maison ruinée de la forêt Marrault dont on ne sait rien dire. Une ferme bien connue est celle dite du Vau-de-Bouche, à 500 mètres en aval du village, là où un pont de bois sur le ruisseau facilite le passage du vieux chemin dit des Ramonats.Cette ferme, portée au terrier de 1486, a subsisté jusqu'en 1811. On voyait encore en 1870 un mur de clôture, un grand portail cintré et, sur l'autre bord du ruisseau, un colombier. Au-dessus du clos, le ru s'élargit et le pré s'appelle le Bief; c'est là que venaient se baigner les chevaux du roulage. A l'entrée du chemin du Vau-de-Lannay, ancien grand chemin d'Auxerre, deux maisons situées près du ruisseau s'appellent la Tannerie et la Tuilerie. Cette dernière était une petite usine qu'on a vu encore travailler il y a peu d'années. La période de la Révolution, dont les documents existent à Lucy,serait à faire connaître; et cette partie de l'histoire locale,formerait un tableau des plus intéressants des moeurs du temps. On ne peut entrer dans le détail de ces archives, disons seulement que Lucy-le-Bois, en 1789, fit son cahier de doléances avec Thory, mais d'une manière singulière. Il y avait pour ces deux groupes, la partie de la Bourgogne qui comprenait 99 feux dont 22 pour Lucy et 77 pour Thory, puis la partie de la Champagne qui comptait 89 feux pour Lucy et 3 pour le Bourg-Moreau de Thory, au total 808 habitants. Pour finir (...) nous dirons que les 808 habitants de 1789 sont tombés (...) à 597 au début des années 1920.
Lucy-le-Bois a conservé, mieux que d'autres villages, les demeures bourgeoises des quinzième et seizième siècles. Il y a surtout dans la rue Saint-Martin, qui était jadis la rue principale et le passage de la grande route, un groupe de maisons qui rappellent le Moyen-Age.(...)
Origine du texte "un peu plus sur Lucy-le-Bois" :Wikipédia
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