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Heuilley-sur-Saône (FRANCE)

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Un peu plus sur Heuilley-sur-Saône

Heuilley-sur-Saône est une commune française, située dans le département de la Côte-d'Or et la région Bourgogne.

Heuilley est un village de la plaine de la Saône, situé sur des terrains d'époque tertiaire-supérieur constitués de limons et alluvions assez sablonneux. C'est sur le territoire de la commune d'Heuilley que se situent les confuents de la Saône avec la Vingeanne et l'Ognon. Un canal latéral creusé en 1839 borde la Saône.Sa construction s'est accompagnée de celle d'un barrage qui a relevé le niveau amont de la rivière et fait pratiquement disparaitre le gué du Port-Saint Pierre utilisé depuis l'Antiquité. Le canal de la Marne à la Saône borde la commune vers l'Ouest. Il rejoint la Saône à l'écluse d'Heuilley (située sur la commune de Maxilly). A l'entrée de la commune, la Saône a un débit moyen de 80 m3/s variant de 120 m3/s l'hiver à 30 m3/s l'été. Ce débit s'augmente de ceux de la Vingeanne (en moyenne 8 m3/s) et de l'Ognon (en moyenne 35 m3/s). Les crues de la Saône peuvent être trés fortes...comme celle de 1840 où le débit de la rivière a été estimé à 1200 m3/s à Heuilley. Aujourd'hui les digues du canal latéral protègent partiellement le village des crues.

Le climat d'Heuilley est à dominante océanique modifiée par de fortes influences continentales venant de l'Est et, dans une moindre mesure, par des influences méditerranéennes en provenance de l'axe Rhône-Saône. L'ensoleillement est bon malgré de très fréquents brouillards. Les précipitations sont assez régulières voisines de 60 mm d'eau par mois (750 mm par an). Le mois de mai est statistiquement le plus humide. Les orages provoqués par la rencontre du froid venu du Nord-Est et de la chaleur venue du Sud sont assez courants.

A l'époque carolingienne, Heuilley était rattaché au comté d'Atuyer et dépendait de la seigneurie de Beaumont-sur-Vingeanne qui faisait partie de l'évêché de Langres. De 1034 à 1125 le village appartint aux comtes de Bourgogne et ce n'est qu'en 1125 qu'il fut acquis par le duc de Bourgogne. Il allait alors rester terre du duché jusqu'en 1789. Cependant le bois de Chy qui fut définitivement rattaché à la paroisse d'Heuilley en 1497, après une très longue dispute avec le village de Talmay, resta toujours considéré comme dépendant de l'évêché de Langres puis à partie de 1542 de la Généralité de Champagne à laquelle Langres avait été rattaché. La commune d'Heuilley possède aussi quelques hectares de terre sur la rive gauche de la Saône, jouxtant la commune de Broyes-les-Pesmes qui depuis 1037 faisait partie du Comté palatin de Bourgogne devenu la Franche Comté.

C'est donc sur la commune actuelle d'Heuilley que se rencontraient les limites des Généralités (provinces) de Bourgogne, Franche-Comté et Champagne sous l'ancien régime. Heuilley fut d'ailleurs longtemps (de 1037 à 1678) un village situé sur la frontière entre le Royaume de France et le Saint Empire Romain Germanique.

Le lieu où se situe aujourd'hui Heuilley-sur-Saône se trouvait avant la conquête romaine de la Gaule proche des frontières de trois des plus importants peuples gaulois : les Eduens, les Séquanes et les Lingons. Très marécageux, il était probablement inhabité. Le bourg gaulois le plus proche était Mons Arduus (Pontailler- Mont Ardoux) qui controlait un gué de la Saône entre pays séquane et pays lingon.

C'est près du site d'Heuilley qu'eut lieu aux environs de l'An 60 avant J.C. l'importante bataille de Magetobriga qui vit les Gaulois séquannes et éduens écrasés par les Germains (suèves) d'Arioviste. Ce désastre, qui amena les Gaulois vaincus à demander l'aide de Rome, est le déclencheur de la guerre des Gaules et de la conquête romaine.

C'est probablement dans la période de paix et prospérité des premier et second siècles après J.C. que fut créé le village d'Heuilley {Haulleium, ou Huilleius, ou Huillacus en latin, qui signifie très probablement : appartenant à Ollius ou à Ullius}

La période de prospérité du début du gouvernement romain fut suivie de fréquentes invasions barbares (Alamans ...) et de terribles épidémies (peste ...) qui ruinèrent le pays. La désertification de la région d'Heuilley fut telle que, pour la repeupler, les autorités de l'Empire romain autorisèrent en 293 sa colonisation par d'importantes populations de barbares francs de la tribu des Attuariens (venant de la rive droite du Rhin, région de Wesphalie entre les rivières Eder et Dimel).

Les invasions des Alamans, Alains, Vandales, Suèves et autres barbares continuèrent aux quatrième et cinquième siècles. Lors de l'une d'entre elles, Valère, un diacre de l'évêché de Langres, qui essayait de fuir avec un groupe de chrétiens vers les monts du Jura, fut probablement rattrapé au gué du Port-Saint-Pierre (sur la commune actuelle d'Heuilley), torturé et décapité. Canonisé, il est connu aujourd'hui sous le nom de St Vallier (vocable de l'église de Talmay).

A la chute de l'Empire romain, Heuilley fit partie du royaume burgonde, puis à partir de 534 du royaume franc des Mérovingiens.

En 634, une partie du territoire de la commune actuelle d'Heuilley fut donnée par le duc de Basse Bourgogne, Amalgaire, à l'abbaye de Bèze qu'il venait de créer pour se faire pardonner ses péchés. Cette abbaye allait en rester propriétaire jusqu'en 1234. Amalgaire avait reçu ces terres du roi Dagobert Ier. C'était une récompense pour l'exécution de Brodulf, beau-frère de Dagobert, ordonnée par le roi. En 745, les bénéfices de ces terres furent donnés par Pépin le Bref, fils légitime de Charles Martel, à son demi-frère, Rémy, fils illégitime que Charles Martel avait eu avec une concubine, Ruodhaid. Rémy, agé de 18 ans, disposa des terres de Bèze, Talmay, Heuilley à sa guise pour mener une vie de scandales, dilapidations et débauches pendant une dizaine d'années. Ces terres furent ensuite récupérées par l'évêché de Langres/abbaye de Bèze vers 760. {Rémy, grâce à sa haute naissance, fut nommé archevêque de Rouen où il eut une conduite exemplaire. Il mourut en 772 et fut canonisé ...}

En 731, la région d'Heuilley fut ravagée par une invasion de Sarrazins, mais retrouva une certaine prospérité sous les premiers Carolingiens. Elle eut même l'honneur de la visite du roi Charles le Chauve (petit fils de Charlemagne, futur empereur d'Occident) qui séjourna plusieurs semaines à Pontailler à l'été 872.

En 888, l'abbaye de Bèze et la plaine de la Saône furent complétement pillées par les Normands qui furent finalement vaincus par Richard le Justicier. En reconnaissance de cet exploit celui ci fut nommé duc de Bourgogne par ses pairs, nomination approuvée par le roi Charles III. Au dixième siècle, la vallée de la Saône fut ravagée par des hordes hongroises qui y firent trois raids meurtriers (936,937,954).

En 1028-30, les inondations de la Saône dans la région d'Heuilley furent monstrueuses, détruisant toutes les récoltes et provoquant une effroyable famine (dans certains villages de la plaine des habitants allèrent jusqu'à manger de la chair humaine).

C'est probablemnt au XIIème siècle que fut construite la première église du hameau d'Heuilley : elle fut dédiée à l'Assomption de la Vierge Marie et dépendait de l'église Saint Martin de Maxilly (la paroisse d'Heuilley était alors une annexe de celle de Maxilly).Ces deux églises étaient sous la tutelle du prieuré de Saint-Léger-Champeaux, lui même sous le patronage de l'abbé de Saint Germain d'Auxerre.

Par un acte daté de juillet 1269, le seigneur Guillaume II de Pontailler reconnait formellement qu'il tiendra désormais ses possessions de Pontailler, Heuilley, Maxilly en fief du duc de Bourgogne, confirmant ainsi le rattachement de la terre d'Heuilley au duché, alors que Talmay et le bois de Chy restaient fiefs de l'évêque de Langres.

Par contrat signé le 20 décembre 1357, les habitants d'Heuilley acquirent les droits de vaine pâture et d'affouage au bois de Chy en payant 440 florins aux seigneurs de Talmay Guy et Hugues de Pontailler (plus une redevance annuelle). Il s'en suivit une très longue dispute --- qui alla jusqu'au Parlement de Paris --- avec le village de Talmay au sujet de la propriété de ces bois. Le litige se termina par un arrété du Parlement de Bourgogne de décembre 1474 qui reconnu Heuilley propriétaire, arrété qui ne fut effectivement appliqué qu'en 1497 lorsqu'on plaça des bornes pour clairement indiquer la limite des deux paroisses.

En 1368, Guy II de Pontailler --- alors maréchal de Bourgogne --- acheta toutes les terres et dépendances qui lui manquaient encore à Heuilley, y compris un four, un moulin ...et les serfs liés à ces terres. Lors du premier recensement de la population d'Heuilley en 1375, le village comptait 58 feux presque tous serfs (environ 400 habitants).

En 1436, des milliers de soldats licenciés après la fin des hostilités entre la France et la Bourgogne se constituèrent en bandes de pillards (les écorcheurs) qui écumaient la plaine de la Saône. Ils avaient établi leur camp principal à Heuilley (village un peu isolé à cheval sur la Bourgogne et la Franche-Comté) qui n'en fut débarassé qu'en 1444-46 par des troupes régulières de nobles comtois commandées par Thiebaud de Neuchatel.

En 1477 après la défaite du duc Charles le Téméraire devant Nancy, la région d'Heuilley fut occupée par les troupes françaises du brutal Charles d'Amboise et la seigneurerie d'Heuilley fut placée sous séquestre. Elle ne fut rendue à son seigneur légitime, Jean Ier de Pontailler (qui était présent à la bataille de Nancy où il avait été fait prisonnier) qu'après un serment de fidélité au roi de France Louis XI qu'il prononça en 1481.

En 1513, une armée impériale de trente mille Suisses, cinq mille Allemands et deux mille Francs-Comtois se massa à la frontière du royaume de France entre Essertenne et Autrey-les-Gray à quelques kilomètres d'Heuilley. Fin août, ils traversèrent la frontière et rançonnèrent tous les bourgs et villages de la région avant d'aller mettre le siège devant Dijon.

Au XVIème siècle, des habitants d'Heuilley estimant que ceux de Broyes-les-Pesmes, village situé sur la rive gauche de la Saône en Franche-Comté (terre d'Empire), ne montraient pas assez d'égards à une statue miraculeuse de Sainte Anne, conservée depuis des temps immémoriaux en leur église Saint Pierre, la déplacèrent à Heuilley. Les Broyens vinrent la récupérer avec forts échanges d'insultes et de coups, mais la statue réapparut quelques jous plus tard dans les champs d'Heuilley. Les habitants de Broyes essayèrent à nouveau de la ramener dans leur village, mais lorsqu'ils traversèrent la Saône, un vent violent se leva et les en empécha, preuve indéniable que la statue voulait rester à Heuilley. Une chapelle fut construite pour l'abriter, à mi-chemin entre Maxilly et Heuilley.( La paroisse d'Heuilley restait annexe de celle de Maxilly). Cette première chapelle tombant en ruine fut remplacée par une nouvelle en 1780 qui fut vendue à la révolution,le 24 septembre 1794. Cette seconde chapelle, récupérée par l'Eglise, fut consacrée à nouveau après la tourmente révolutionnaire et existe toujours. Chaque année, le 26 juillet, jour de la Sainte Anne, Heuilley honorait la statue.

Lors des guerres de religion, le soutien très actif de la famille de Pontailler au parti catholique avait mis à mal ses finances. Dès 1575, ils durent vendre une partie de leur seigneurie d'Heuilley-sur-Saône à Bénigne le Compasseur, homme d'armes au service du roi Henri III. Le reste fut vendu par Jean-Louis de Pontailler à la même famille en 1614 mettant fin à quatre siècles de présence des Pontailler à Heuilley. En 1622, la famille le Compasseur vendit Heuilley à Isaac Févret, membre d'une famille parlementaire de Dijon qui allait garder la seigneurie jusque vers 1677.

Le 30 août 1636, lors de la guerre de Trente Ans, des détachements croato-lorrains de l'armée autrichienne commandée par Matthias Gallas et son lieutenant le lorrain François de Mercy, incendièrent complétement le village d'Heuilley et tuèrent un grand nombre d'habitants.Il fallut deux générations pour que le village retrouve une vie normale. Après ce désastre de nombreux survivants préférèrent émigrer vers la Suisse ou la Savoie, et le village ruiné perdit deux tiers de ses habitants.

En janvier 1668, des armées françaises (d'environ 20 000 hommes) rassemblées vers Auxonne et Pontailler, commandée par le gouverneur de Bourgogne, le Grand Condé, conquirent la Franche-Comté en seize jours. Cette province resta cependant à l'Espagne lors de la paix signée à Aix-la-Chapelle. La guerre reprit en janvier 1674 et l'une des armées françaises, commandée par le duc de Navailles, se regroupa vers Heuilley et Talmay. En réponse, le colonel Massiette, commandant de la place de Gray, plaça cent cinquante chevaux et de nombreux fantassins sur la rive gauche de la Saône, au Port-Saint-Pierre. Le gros des troupes françaises traversa la Saône au pont de Pontailler et Massiette, risquant d'être encerclé, abandonna ses positions du Port-Saint-Pierre. Les Français y installèrent un pont de bâteaux sur lequel passèrent plusieurs escadrons. La France victorieuse garda la Franche-Comté au traité de Nimègue, ce qui fit perdre à Heuilley sa délicate position de village frontière.

Vers 1677,la famille Févret céda la seigneurie d'Heuilley aux Joly-de-la-Borde, seigneurs de Drambon. En 1789, cette famille possédait encore la majeure partie des terres du village. L'autre gros propriétaire du village était la famille Noirod, châtelain de Pontailler et moins d'un tiers des terres cultivables appartenaient à des habitants du village. A l'aube de la révolution, il y avait 125 feux à Heuilley {700 habitants}, 40% de laboureurs, 20% de marchands-laboureurs (petits propriétaires vendant leur récolte),15 % de manouvriers-journaliers, 13% d'artisans, 5% de pecheurs en Saône...

Le XVIIIème siècle fut assez prospère à Heuilley grâce à la culture des céréales et des légumes que la construction de routes permettait d'exporter. La population augmenta considérablement (de trois cent vingt en 1700 à sept cents en 1789), alors qu'elle stagnait ailleurs en Bourgogne. Cependant cette relative prospérité fut souvent altérée par des calamités naturelles dont les terribles hivers 1709 (suivi d'une famine), 1740 et 1788 ou les incendies des années 1761, 1764, 1775 qui détruisirent des quartiers entiers du village dont les maisons étaient recouvertes de chaume.

Tous les hommes d'Heuilley se réunirent le 18 mars 1789 pour établir les cahier de doléances, plaintes et remontrances qui furent regroupées en quatorze remarques générales et douze remarques propres au village, dont la principale était une demande pressante de réduction des impôts (Heuilley payait alors 9 000 livres d'impôts par an, gabelle incluse, dîme (2000 livres/an) excluse alors que le revenu moyen par feu était de 750 livres par an.

Heuilley, qui sous l'Ancien Régime faisait partie du bailliage d'Auxonne, fut rattaché début 1790 au nouveau département de la Coste-d'Or , district de Dijon, canton de Pontailler-sur-Saône. Le 1er février 1790 eurent lieu les premières élections communales pour élire le conseil général de la commune constitué de six membres qui remplaça les échevins (nommés par le seigneur) en place. François Morizot, un des plus riches cultivateurs du village, fut élu maire avec 88 voix sur 110 votants.

Le 6 février 1791, le curé du village, Jean-Baptiste Jobart, en place depuis une trentaine d'années, préta serment à la constitution civile du clergé avec quelques modestes restrictions qui le rendirent suspect aux plus ardents révolutionnaires. Soumis à de fréquents brimades et vexations (de personnes extérieures au village) il finit par renoncer à son ministère en avril 1793.

Lors de la levée en masse de 300 000 hommes, décrétée par la Convention en février 1793 pour faire face à la coalition de 400 000 hommes formée à l'instigation de l'Angleterre, il n'y eut aucun volontaire à Heuilley. Le 19 mars 1793, le village fut sommé par le commissaire de la république de désigner immédiatement dix jeunes hommes devant rejoindre, sans délai, les armées de la république. Ils furent choisi par un vote des électeurs de la commune. Trois d'entre eux se firent remplacer, moyennant dédommagement pécuniaire, comme le permettait la loi.

Les Joly-de-la Borde, seigneurs d'Heuilley, ayant émigré, leurs terres furent confisquées et distribuées aux habitants en mars 1794 (distribution strictement égalitaire sans aucune distinction de sexe, d'âge ou de condition comme stipulé par le décret de la Convention du 10 juin 1793).

Le conseil général d'Heuilley, malgré ses fortes réticences, envoya en mars 1793 toute l'argentrie de l'église aux administrateurs du district de Dijon. Heuilley dut aussi déposer et envoyer à la casse toutes les cloches de son église, malgré une supplique demandant aux autorités révolutionnaires de conserver au moins une cloche pour pouvoir alerter les populations en cas d'incendie. L'église d'Heuilley, devenue Temple de la Raison, fut interdite au culte catholique de février 1794 à août 1795.

Heuilley fut soumis à plusieurs réquisitions (plus de 1000 quintaux de blé, seigle, avoine ...) en 1793/94 et ne put fournir les volumes exigés lors de la dernière réquisition de germinal An II (avril 1794).

Sous le Consulat, l'armée (de 60 000 hommes) dite de réserve, constituée par le Premier Consul Bonaparte en vue de récupérer les positions perdues par la France en Italie, fut rassemblée autour de Dijon. Les deuxième et vingt et unième bataillons de chasseurs de cette armée furent cantonnés, d'avril à mai 1800, à Talmay, Heuilley, Pontailler. Il s'agissait d'environ 2000 cavaliers qui allaient traverser les Alpes et participer à la campagne contre l'Autriche conclue par la victoire de Marengo (18 juin 1800).

Fin 1801, la cure d'Heuilley fut rétablie, conséquence du Concordat signé entre la France et le Saint Siège. Les habitants d'Heuilley approuvèrent à une écrasante majorité la création de l'Empire Français, avec Napoléon Bonaparte empereur (1804).Le 19 prairial An XIII (8 juin 1805) une grosse cloche de 952 livres (465 kg), fondue à Echalonge près d'Essertenne, fut installée dans le clocher d'Heuilley.

En 1812, un nouveau curé fut nommé à Heuilley : Nicolas Bailly, ancien prêtre réfractaire qui avait refusé de préter serment à la constitution civile du clergé, avait émigré en Suisse, et, après son retour en France, avait été arrété en 1797 condamné à la déportation et interné dans l'île de Ré de 1797 à 1799.

Le 16 janvier 1814, le village d'Heuilley fut occupé par les troupes des armées autrichiennes du général von Bubna. Le village dut répondre immédiatement à de nombreuses réquisitions de foin, paille, avoine, seigle, boeufs, chandelles etc ...pour approvisionner les armées d'occupation basées à Pontailler, Pesmes, Flammerans, Talmay. Après la signature de la paix à Paris, le 30 mai, les armées d'occupation quittèrent Heuilley (juin 1814).

Après le retour de Napoléon et la défaite de Waterloo, les troupes impériales, commandées par le comte Colloredo-Mandsfeld, réoccupèrent Heuilley le 17 juillet 1815. Les conditions d'occupation furent plus rudes qu'en 1814 et c'est avec un énorme soulagement que les habitants d'Heuilley virent les Autrichiens quitter leur village à Noël 1815.

En 1840, la population d'Heuilley atteint son maximum historique : 900 habitants. C'est dans la même année 1840 que des crues gigantesques de la Saône détruisirent presque toutes les cultures, mais le village fut peu inondé grâce à la protection des digues du canal latéral construit en 1839. Au XIXème siècle Heuilley allait souffrir plusieurs fois de sévères épidémies de choléra : en 1832, 1847, 1870, celle de 1854 étant la plus dramatique puisque cette année là près de 10% de la population mourut. Au XIXème siècle les incendies restèrent fréquents, chaque fois détruisant des quartiers entiers du village avant de pouvoir être maitrisés. Les plus importants eurent lieu le 13 février 1821, le 24 juin 1839, le 22 avril 1842, le 6 avril 1844 et le 7 mai 1847. Ce n'est que vers la fin du siècle lorsque les habitants purent financer le remplacement du chaume par de la tuile que ce genre de sinistre disparut.

A partir de juillet 1841, le conseil municipal d'Heuilley institua l'école primaire gratuite pour les garçons et les filles du village, en prenant totalement à sa charge la rémunération des instituteurs et institutrices. Cette décision anticipait de quarante ans l'école gratuite et universelle établie à l'instigation de Jules Feryy en 1880-82. Elle eut pour effet d'augmenter l'assiduité des enfants du village à l'école.

Le XIXème siècle apporta quelques modernisations au village : en 1860 l'inauguration d'une ligne de chemin de fer dont la gare initialement prévue au pont Varrand à la limite de la commune d'Heuilley, fut finalement construite à Talmay; en 1856 une nouvelle mairie-école; en 1839 un nouveau cimetière extérieur au village et en 1858 un nouveau chemin rectiligne reliant Talmay au Port-Saint-Pierre.

Politiquement, les changements de régime du XIXème siècle se traduisirent à Heuilley par la suspension de maires en place et par de nouvelles nominations préfectorales. Ainsi en 1830 le maire Jean Charbonneau fut remplacé par Jean Isconte, en 1848 le maire Etienne Fanet fut remplacé par Jean-Baptiste Cornot-Fanet, lui même démis de ses fonctions par le préfet en décembre 1851 après le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte et remplacé par le bonapartiste Nicolas Dambrunt. Ce maire organisa d'ailleurs des élections très favorables au nouveau régime puisque officiellement lors du plébiscite du 7 novembre 1852 relatif au rétablissement de l'empire, 100% des électeurs d'Heuilley participèrent au vote et 100% votèrent oui. Lors du référendum du 8 mai 1870 relatif à la libéralisation des constitutions de l'empire, Heuilley vota à nouveau massivement oui (à plus de 85%).

Lors de la guerre franco-allemande de 1870, l'Est de la France fut envahi par l'armée du général badois de Werder. Une armée française dite de la Côte-d'Or, commandée par le Dr Lavalle, essaya de s'y opposer. Elle se regroupa vers Pontailler, Heuilley, Talmay le 21 octobre 1870. Les Allemands commandés par les généraux von Beyer et Keller (3000 hommes dont 200 uhlans) entrèrent en contact avec cette armée française le 26 octobre à Mantoche. Les combats continuèrent le 27 octobre vers Essertenne et Talmay, mais les Français ne purent arréter la poussée allemande renforcée par 30 000 hommes. Les uhlans badois entrèrent à Heuilley le 29 octobre et le village fut occupé jusqu'à fin décembre 1870 quand l'arrivée de l'armée française de secours commandée par le général Bourbaki obligea les Allemands à se replier. Ce départ fut de courte durée et les Allemands revinrent à Heuilley le 18 janvier 1871. Des soldats bavarois furent alors stationnés au village pendant toute la période d'occupation qui dura jusqu'à octobre 1871.

La loi de 1905, dite de séparation de l'Eglise et de l'Etat, fut mal acceuillie par une partie de la population d'Heuilley qui manifesta bruyamment dans les rues du village lors du transfert de propriété de l'église et du presbytère à la commune.

Une centaine d'hommes d'Heuilley fut mobilisée lors de l'éclatement de la première guerre mondiale le 2 août 1914. Vingt et un hommes d'Heuilley furent tués au combat pendant la guerre 1914-18.

Pendant la seconde guerre mondiale, l'occupant allemand plaça Heuilley dans la zone dite réservée (entre la zone interdite d'Alsace-Lorraine et le canal de la Marne à la Saône) zone qu'il avait l'intention d'annexer à la fin des hostilités. Des soldats allemands placès le long du canal surveillaient cette frontière. La résistance se développa dans la région à partir de 1943. En particulier, elle détruisit à Heuilley, en 1944, le barrage fixe de la Saône pour interdire la navigation sur la rivière. Heuilley fut libéré le 11 septembre 1944 par le deuxième régiment de reconnaissance de spahis algériens qui faisait partie de la première armée française commandée par le général de Lattre de Tassigny.

Eglise de l'Assomption (Choeur ogival à chevet plat du XVème siècle, nef du XVIIIème siècle et clocher inauguré en 1880) Chapelle Ste Anne (Voir histoire -- il s'agit de la seconde chapelle Ste Anne construite le long de la route Heuilley-Maxilly en 1780). Canal latéral à la Saône creusé en 1839, écluses, barrage. Bibliothèque, gîte municipal,camping, tennis, maison de la pêche reconnue par l'Education Nationale, bureau de poste, nombreux chemins forestiers (superficie de la forêt : 366 ha), salle espace rencontre loisirs d'une capacité de 120 personnes.

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